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Article : mai 2020



Chauves-souris, Chromosomes et Radiations

Perspective d’un praticien de médecine traditionnelle japonaise sur le Covid-19


Pendant des siècles, des systèmes de médecine autour du monde se concentrèrent sur des pratiques permettant à ceux qui soignent de comprendre les défis de santé de leurs patients en termes humains ; c’est-à-dire comme des défis humains, plutôt que comme des problèmes d’ordre strictement physiques. De même, ceux qui soignaient étaient-ils formés à développer au maximum leurs perceptions en tant qu’êtres humains et à appliquer ces perceptions dans leur intervention auprès du patient. Bien que ces pratiques soient aujourd’hui rares, elles n’ont pas complètement disparu. Le diagnostic par les pouls, pratiqué dans la médecine traditionnelle japonaise, en est un exemple ; c’est par ailleurs l’outil principal que l'auteur de cet article utilise pour comprendre la condition d’un patient. En travaillant ainsi, les praticiens de médecine traditionnelle n’ont pas besoin de se préoccuper des détails de ce qui transparaît au niveau physique. Le diagnostic et le soin se situent à un autre endroit et constituent en eux-mêmes un système complet. Un praticien traditionnel peut néanmoins reconnaître la véracité des phénomènes physiques à l’œuvre dans le corps du patient et y réfléchir dans le but de dialoguer à leur propos avec des spécialistes de la médecine moderne. Dans le cas du Covid-19, cela semble pertinent, tout particulièrement en regard de l’étendue et du danger de l’épidémie.


Paroles du praticien :

On sait qu'un virus contient de l'information, sous forme d'ADN ou d'ARN, entouré d’une enveloppe protéique qui permet la dissémination de cette information. À partir du moment où une information est organisée, il faut pouvoir la considérer comme de « l’intelligence ». Quand les praticiens traditionnels posent leur main sur les pouls d'un patient infecté par un virus, ils peuvent sentir dans la condition inflammatoire causée par le virus une force d'intention. L'objectif de cette intention est d’orienter les circonstances de vie présentes dans un certain sens. Les praticiens traditionnels ont un respect inconditionnel pour cette intention ; nous reconnaissons qu’elle provient de la force d'intelligence d’un être vivant essayant naturellement de perpétuer son existence, et méritant de survivre tout autant que nous. L’objectif du praticien, tout en protégeant le patient, est donc d'écouter le message transmis par cette source d’intelligence afin de trouver une solution qui permette la poursuite de l’existence partagée des deux protagonistes. Ce faisant, les deux partis peuvent évoluer positivement, ensemble. Je propose ci-après une manière de réfléchir aux mécanismes du virus CoV-2 en termes biologiques et microbiologiques, basée sur mon expérience de praticien en médecine traditionnelle japonaise.

Il existe fondamentalement deux façons d’approcher une situation donnée. La première consiste à commencer par se lier à la situation, de façon à faire directement et entièrement l’expérience de sa signification, pour ensuite se demander "comment cela fonctionne-t-il ?”, et finalement essayer de décomposer la situation en observations distinctes. La seconde consiste à commencer par se demander "comment cela fonctionne-t-il ?”, à formuler des observations, puis à essayer par la suite de construire une compréhension de la situation dans son entièreté. Le diagnostic par les pouls des systèmes de médecine traditionnelle fonctionne selon la première approche. L’hypothèse présentée en suivant a été rédigée sur la base de mes trente-cinq années de pratique de médecine traditionnelle japonaise et de mon expérience face au Covid-19. Cette hypothèse prend toutefois en compte des données microbiologiques. Or, pour décomposer ce qui peut être ressenti et compris à un niveau « humain » en termes microbiologiques, la distance à parcourir a été considérable. Ainsi, procéder à une telle traduction, du monde sensible au langage scientifique analytique est une prise de risque, mais si cette traduction peut contribuer à une compréhension plus complète du virus et aider d’éventuels collègues dans le monde de la médecine moderne à ouvrir de nouveaux axes de réflexion et à obtenir des résultats de soins plus aboutis, alors, le risque aura valu la peine d’être encouru.